Née en 1985, diplômée de la Fémis et du Conservatoire de Musique en harpe, Eponine élabore patiemment les contours d’une œuvre poétique et contemplative, orientée sur la voie toujours plus féconde d’un art contemporain croisant salles obscures et espaces d’exposition, et a par ailleurs signé la photographie du dernier long-métrage de Jacques Audiard, Dheepan, Palme d’Or du 68e Festival de Cannes.

Formée à la direction de la photographie à la Fémis, Éponine Momenceau a la maîtrise technique des outils qu’elle mobilise au service d’une œuvre naissante, aussi doucement que sûrement. Elle qui, portée par la découverte émancipatrice du cinéma expérimental, s’est ouverte à la réalisation avec l’assurance qu’il était possible de faire un film sans scénario ni acteurs, sait faire naître de la réalité la plus banale des scènes éminemment plastiques, gorgées de références tant picturales que cinématographiques.

Ses films et ses prochains en préparation, partagent plusieurs traits communs, de la traduction visuelle et sonore d’une dérive au large du réel née d‘un état altéré de conscience - rêveries solitaires au sein de scènes de la vie collective – à une attention presque mystique accordée aux postures des corps et à la lumière. Son travail, qui implique une pratique régulière de la photographie et une attention de plus en plus appuyée envers la vidéo, organise ce faisant le passage de morceaux extraits du réel vers une nouvelle dimension, apte à en révéler la beauté et le sens caché.

Ses films (Song; Jungle; Waves Become Wings) ont été sélectionnés à plusieurs reprises en festivals (Festival du film expérimental de Lucca, festival de Dinard, Premiers Plans d’Angers, Brazilian Film Festival et Curta Cinema au Brésil, Rencontres audiovisuelles de Lille, Films de Femmes de Créteil, Göteborg Film festival). Avec son projet Song, elle a obtenu le Prix du Conseil Général des Hauts-de-Seine lors du 57ème salon de Montrouge ainsi que le prix du meilleur film au festival de Lucca, et a également montré ses films dans le cadre d’expositions collectives au Palais de Tokyo, Lieu Unique à Nantes, Biennale de la Jeune Création Européenne, Galerie Mélanie Rio, Point Ephémère, Scratch Projections ainsi qu’à la Nuit Blanche.

(Extraits d’un texte de Marie Chênel)